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La Fabrique de Frivolité.... un extrait...

L'élaboration du menu donna lieu à des échanges vifs...
"La question des liquides était autrement plus épineuse. Certains n'osaient s'exprimer librement, mais ils n'étaient pas loin de penser que la cave normande ne soutiendrait pas la comparaison avec la bordelaise.
Bien leur en prit d'avancer prudemment. Le Breton soutint qu'un poiré et un cidre, bien sélectionnés, étaient les boissons appropriées, tandis qu'Hervé proposait d'introduire quelques produits vinicoles des terroirs avoisinants.
Il fallut tout le talent politique et diplomatique de Thomas pour arriver à tempérer les esprits et conclure un compromis.
Poiré et cidre, à l'évidence, et un bon vieux Chinon, au moins pour la dégustation des fromages affinés à point.....
... Vincent vint fort à propos à la rescousse de Thomas. Le match - c'est ainsi qu'il envisageait la rencontre - selon lui, se gagnerait au dernier round. C'est au pousse-café que les Normands sortiraient leur botte secrète.
Vincent était même prêt à mettre sa réserve personnelle à contribution.
On dégusterait un Calvados. Pas une "goutte", pas un calva de l'année, ni "une fine", ni une "réserve", pas un "hors d'âge", pas même un "Napoléon", un Calvados de leur terroir, un Domfrontais, avec sa touche de poire, qu'il est convenu de désigner sous l'appellation "rareté", un liquide ayant séjourné un siècle dans un fût de chêne, introuvable sur le marché (pas seulement une question de prix mais de stock), ne craignant pas la confrontation avec le prestige d'un Yquem, d'un Cheval Blanc, d'un Ausone ou de quelque Haut-Brion.
En tout cas pas du ratafia !
C'est là qu'on attendrait les Bordelais ! C'est à ce moment qu'on jugerait de la qualité de leur palais !

mfcomte dans La Fabrique de Frivolité
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